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Family and Social NetworkElizabeth Bott (1957)BOTT Elizabeth (1957), Family and Social Network, London, Tavistock Mon conseil... En savoir plus sur Elizabeth Bott
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PrésentationTexte extrait de MENDRAS Henri, OBERTI Marco (2000), Le sociologue et son terrain. Trente recherches exemplaires, Paris, Armand Colin, coll. " U ", pp. 151-153 " La découverte centrale de la recherche peut-être formulée de manière concise. Les données ont montré une variété considérable de définition des rôles conjugaux entre maris et femmes, en particulier da~s la quantité de temps dévolue aux activités menées en commun et celles qui étaient menées indifféremment par l'un ou par l'autre, comparé aux activités indépendantes et aux activités complémentaires. Par exemple dans certaines familles la division du travail était marquée: le mari avait des tâches et des responsabilités propres nettement séparées de celles de sa femme. Chaque semaine, il donnait l'argent du ménage à sa femme qui ignorait combien il conservait par devers lui, et quel usage il en faisait. De même le couple ne partageait aucune activité de loisir ou de distraction. L'homme sortait avec ses amis pendant que la femme restait à la maison ou rendait visite à des voisins ou à des parents. Chacun avait ses contacts sociaux personnels; les deux trouvaient cette situation normale. En revanche, dans d'autres familles les deux époux passaient le plus clair de leur temps ensemble, partageaient les mêmes activités et les mêmes intérêts et ne divisaient pas les tâches ménagères de manière aussi rigide. Ils affirmaient que les époux doivent être égaux, partager le plus possible leurs responsabilités et leur temps libre. Et ils mettaient cette doctrine en pratique. Les maris faisaient la lessive et la cuisine régulièrement, les femmes bêchaient le jardin et bricolaient dans la maison. Le temps libre se passait dans les activités communes, répondant à des goûts communs pour la musique, la politique, la littérature ou des réceptions entre amis. Ces comportements leur paraissaient naturels, normaux. Bott définit le premier modèle "séparation des rôles " et le second " communauté des rôles ". Entre ces deux extrêmes on trouvait beaucoup de situations intermédiaires. La recherche a montré que ces modèles ne se répartissaient
pas en fonction des critères sociologiques habituels: revenus,
profession ou classe sociale. Certes, la séparation se trouvait
plus fréquemment chez les travailleurs manuels tandis que la communauté
était plus fréquente dans les professions intellectuelles;
mais plusieurs ménages ouvriers étaient " communautaires
" et beaucoup de cadres "séparatistes ". Le degré
de séparation n'était pas lié non plus à une
étape du cycle de vie puisque toutes les familles étaient
à la même étape avec de jeunes enfants. Il n'y avait
pas non plus d'influence du lieu de résidence: la séparation
ne se rencontrait pas plus souvent dans les quartiers anciens de population
stable et homogène, ni la communauté dans les quartiers
de population hétérogène et instable. Elizabeth Bott a trouvé que toutes les familles étaient
liées à des réseaux d'individus plus fréquemment
qu'à des groupes organisés. Dans ce dernier cas les individus
formaient un tout cohérent, partageaient des buts et des intérêts
communs, une culture commune. En revanche, dans les réseaux, les
membres n'avaient pas tous des relations les uns avec les autres. Cependant
il y avait de grandes variations dans le degré d'entrelacement
entre les réseaux. Certains étaient " à mailles
très serrées ": la plupart des membres se connaissaient
les uns les autres. D'autres étaient à mailles lâches:
les liens étaient moins entrelacés. Entre les deux extrêmes
des structures différentes existaient. Les données firent
apparaître que les familles caractérisées par une
séparation des tâches conjugales avaient un réseau
à mailles serrées: beaucoup de leurs amis, voisins et parents
se connaissaient entre eux et entretenaient des rapports en dehors de
la famille étudiée. Réciproquement, les familles
aux tâches communes avaient un réseau à mailles lâches
d'amis, de voisins et de parents qui ne se connaissaient pas entre eux. Les résultats confirment que le type de relation conjugale est
plus lié au type de structures de réseaux externes qu'à
la position professionnelle et sociale. Une seule famille a des rôles
conjugaux séparés et un réseau " serré
". Cinq familles, àl'autre extrême, ont des rôles
communs et un réseau " lâche ". A ces exceptions
près, Bott explique en grands détails que les types intermédiaires
sont conformes à l'hypothèse. Quelques familles étaient
en transition d'un modèle à l'autre, généralement
à la suite d'un déménagement. Et dans ces cas, l'association
entre marnes serrées et séparation des rôles évoluait
dans le sens prédit. Visiblement le petit nombre de familles étudié ne permet pas de répondre. Il faut dépasser les données de l'enquête pour identifier les forces qui commandent la densité d'un réseau familial. Les arguments de Bott sont de l'ordre de la spéculation mais n'en sont pas moins très éclairants. Elle suggère que les familles peuvent choisir de présenter leurs amis, voisins et parents les uns aux autres; ou faire le choix inverse. Le rôle des personnalités est donc important, mais l'enquête n'a pas permis de préciser ce point. Dans une société industrielle urbanisée, les liens économiques, les types de vie de quartier, la mobilité géographique et sociale jouent un rôle décisif. Par exemple la densité d'un réseau sera augmentée si des parents peuvent aider à trouver un emploi, s'ils partagent la propriété d'une entreprise ou espèrent un héritage. Dans un réseau fortement localisé les membres qui vivent dans le même quartier ont plus de facilité et d'occasion de se rencontrer. Les réseaux localisés sont plus fréquents dans les quartiers homogènes où les habitants ont le sentiment de se ressembler et de partager la même condition sociale. De même les réseaux sont plus " serrés " si la profession du mari ne lui donne pas l'occasion d'entrer en relation avec des personnes inconnues de son réseau; notamment lorsque ses collègues de travail sont aussi ses voisins. Tous ces facteurs tendent à créer des réseaux à
mailles serrées plus fréquemment, chez les travailleurs
manuels et les mailles lâches dans les classes supérieures.
Toutefois, Bott souligne que la classe sociale est liée à
la densité du réseau par un jeu complexe de facteurs si
bien que les réseaux serrés et les réseaux lâches
se rencontrent dans toutes les classes sociales: " Les familles à
réseaux aux mailles serrées ont des chances d'appartenir
à la classe ouvrière, mais toutes les familles de la classe
ouvrière n'ont pas de réseaux à mailles serrées.
" En revanche, les familles d'agriculteurs paraissent combiner des
réseaux à mailles serrées avec une stricte séparation
des rôles conjugaux. Bien sûr, trente ans après, une masse de recherches s'étant accumulée sur les rôles conjugaux, la " loi de Bott " ne paraît plus aussi sûre. En particulier, il faut distinguer les modèles de la pratique quotidienne, et l'évolution a montré que si le partage des tâches devient une norme très majoritairement acceptée, la répartition des tâches évolue très lentement dans les pratiques. Cependant, dans l'immense littérature aujourd'hui disponible personne n'a remis en question l'hypothèse de Bott, personne ne prétend qu'il n'y a pas de rapport entre rôles conjugaux et réseaux sociaux. " Source : Gordon Marshall, In Praise of Sociology,
Londres, Routledge, 1990, 240 p., traduction Henri Mendras.
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Table des matières[non disponible pour l'instant]
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Références bibliographiques[non disponible pour l'instant]
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