Quatrième de couverture

Table des matières

Nicolas Renahy a donné une conférence à l'ENS-LSH le jeudi 30 novembre 2006

Les Gars du coin

Nicolas Renahy (2005)

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RENAHY Nicolas, Les Gars du coin. Enquête sur une jeunesse rurale, Paris, La Découverte, coll. "Texte à l'appui / Enquêtes de terrain", 2005, 276 pages, 21€)

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Nicolas Renahy
Nicolas Renahy, né en 1971, est chargé de recherche en sociologie à l’INRA et chercheur associé à l’équipe ETT (Enquêtes, Terrains, Théories) du Centre M. Halbwachs (ENS/CNRS/EHESS). Ses recherches concernent les classes populaires contemporaines (formes d’appartenances et d’encadrement).


Quatrième de couverture

Quand on parle de la « jeunesse » aujourd’hui, on pense plus souvent aux jeunes « des quartiers » qu’à ceux de la campagne. Ces derniers, quand ils sont ouvriers, sont alors doublement invisibles, comme « ruraux » et comme « ouvriers » (car la classe ouvrière demeure associée, dans les esprits, aux régions industrielles). Les sociologues eux-mêmes se sont peu intéressés à cette catégorie de population, pourtant nombreuse. Ce sont ces jeunes « gars du coin » que nous propose de découvrir Nicolas Renahy dans cet ouvrage, fruit d’une enquête menée pendant dix ans dans un village de Bourgogne. Tandis que leurs pères et grands-pères avaient bénéficié de la période faste du paternalisme industriel (travail fixe à l’usine, facilités de logement, fierté d’appartenir à une génération ouvrière), ces jeunes gens peinent à trouver leur place dans un contexte de plus en plus incertain et précaire. Restés au village, voués au chômage ou à une succession de petits boulots, hantés par la crainte du célibat, ils doivent renoncer à l’accession au modèle familial dans lequel ils avaient été socialisés – reconnaissance professionnelle, accès à la propriété, famille nombreuse… – et tentent de survivre socialement en se repliant sur les ressources que leur offre le seul fait d’être « du coin » (leur « capital d’autochtonie »). En nous faisant pénétrer dans le monde des « gars du coin », en retraçant leurs parcours familiaux et scolaires, en s’intéressant à leurs espaces quotidiens (l’usine, le domicile, le foot, les cafés…) et à leurs expériences intimes, l’auteur éclaire les tentatives individuelles et collectives pour maintenir une honorabilité populaire menacée et offre un portrait inédit d’une jeunesse rurale méconnue.

Table des matières

Remerciements - Préface - Introduction - Métamorphose industrielle, crise de reproduction ouvrière - Une jeunesse en danger - I / Grandir dans une campagne paupérisée - 1. Enfance au village - La fin d'un accès familial au monde du travail - « Les années mobylettes » - L'école primaire : « De très bons souvenirs » - Passage au collège unique - « Et pourtant, on n'était pas en ZUP... » - Dépendance maternelle : « J'étais le dernier » - Élargir l'horizon : les rencontres en formation - En quête d'adultes référents - Intermède militaire - Élargir l'horizon : le passage en ville - 2. Au football : « Faire la différence » - Sociabilité villageoise et vivacité associative - Les « familles foot » - Le passage de junior à senior - Apprendre par corps - Perpétuation d'un ethos  ouvrier - Un pot dans le vestiaire - Éprouver sa virilité - Une institution confrontée à l'isolement des classes populaires - II / Usines, village : la lente dissociation - 3. Entrer à l'usine - Samir, ou le rêve de l'ouvrier qui « sait tout faire » - « Les vieux, ils se font manipuler » - Racisme et difficultés à assumer l'héritage parternel - « J'arrive pas à me fixer, je m'intéresse à tout » - « Un boulot comme un autre » - 4. Une élite ouvrière qui s'éteint - Dirk. Un « néorural » à l'usine - L'apprentissage : savoir-faire et savoir-être - Le pouvoir ouvrier - L'organisation des tâches : hiérarchie ouvrière et égalitarisme face à la pénibilité - Le « piège » des heures supplémentaires - Prime de rendement et sentiment d'injustice - Le difficile mouvement de l'élite ouvrière - Des ouvriers sans bleus - 5. Ouvrières précaires - Quand un site de production devient la « soupape » d'un groupe industriel - Un chef du personnel et ses « filles ». L'échec d'une relation hiérarchique personnalisée - L'autocontrainte d'une autochtone sortie du rang - Quitter les « gens du coin » et devenir « responsable » - Entre usine et foyer - 6. Trouver une compagne... et la garder - L'idéal de la maison individuelle - Vivre (dans) le provisoire : « l'appart » - Cannabis, rock et entre-soi masculin : une bohème populaire - Hervé, un célibataire qui « manque de confiance en ses capacités » - Mari ou copain ? Un couple en quête de stabilité - Fred : « il faut que j'arrive à mon vrai niveau » - Dénigrement de soi, déprime, culpabilité - 7. Une occupation d'usine et ses suites. Le bouleversement de la sociabilisation politique - « Gens du château » et « gens du village » - « La CGT ? On y a tous été ! » - Les années 1970, ou la « délocalisation » de la direction d'usine - L'occupation - L'oubli nécessaire - D'une génération l'autre - Au bistrot, un jour d'élections - Positions sociales locales et « comportements électoraux » - L'univers professionnel, fondement de l'appartenance au lieu - « Être d'ici » a-t-il un sens ? - Épilogue : trente ans, en attente... Conclusion : Une classe d'âge démobilisée - À l'écart : l'isolement croissant des classes populaires - Annexe. Une enquête ethnographique, une posture compréhensive - Avant l'enquête - L'enquête.

 

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Section de Sociologie